Résumé

Analyses,

etc.

Résumé
Ayant épousé Hyacinte pendant l’absence de son père Argante, Octave charge Scapin, valet de Léandre, d’accueillir Argante à son retour de voyage et de lui annoncer le mariage.
Scapin invente alors une histoire de turc, frère de Hyacinte, qui aurait obligé Octave à épouser sa sœur. Par ailleurs, le maître de Scapin, Léandre, est épris de Zerbinette. Son père, Géronte, en informe Argante. Léandre croit être trahi par Scapin et se venge de celui-ci. Mais il lui faut de l’argent pour délivrer Zerbinette, prisonnière des Egyptiens, et il a besoin de Scapin.
De l’argent, il en faut aussi à Octave, et Scapin se voit chargé d’en soutirer à Argante et Géronte. Il y parvient à force de ruses, mais il lui faut encore se venger de Géronte, à cause duquel Léandre l’avait hier corrigé. Il fait croire au vieillard que des spadassins le cherchent, le fait se cacher dans un sac et lui administre force coups de bâtons, feignant d’être attaqué. Mais Géronte découvre enfin qu’il a été joué, et Scapin s’enfuit. C’est alors que Géronte découvre que Hyacinte est sa fille, qu’Argante, qui lui-même découvre qu’il est le père de Zerbinette, souhaitait pour belle fille.
Il reste à Scapin à se faire pardonner par Argante et Géronte. Pour cela, il prétend être mourrant.


La note d’intention
Le Ré : comme un roi italien.
Tout théâtreux rêve d’accrocher un jour Sca pin. Il fait partie de notre panthéon au même titre que Dom Juan, Elvire, Phèdre, Hermione ou Richard III.
Mais pour en faire quoi ?
Il y a des dizaines de Scapin qui sont montés chaque année en France. Sous quel angle l’éclairer : commedia ? circassien ? jeunisme banlieusard ? Déjà faits ! Et il faut plus que du chrome pour se l’approprier.
J’ai donc décidé de le réécrire. Faire une « Variation Scapin » comme il y eurent « Les Variations Goldberg ». Comme il y eut les variations autour d’Antigone, Andromaque, Amphitryon (pour ne prendre que des A).
Réécrire Scapin. Une trahison ? Un sacrilège ? Peut-être. Je veux être jugé après le procès, à l’issue des représentations. Mais quel intérêt de monter un classique si on ne prend pas un minimum de risques ?
Et puis quelle jubilation que de disséquer cette œuvre ! Molière n’a pas écrit une scène. Le début est pris à Rotrou (« La Sœur », et à lui-même avec la première scène de l’acte 2 de Mélicerte), la réplique de la Galère à Cyrano de Bergerac. Même la mort de Scapin ressemble furieusement (et résonne comme un hommage) à celle de Cyrano. Alors nous retrouverons des phrases du grand Savinien, de Térence, de Plaute et de quelques autres.
Molière pratiquait l’ordinateur. J’en ai la preuve. Il est surpris dans un superbe copié/collé digne des frères Bogdanov, Jacques Attali et de Lapierre et Colli. Regardez l’acte I scène 4. Comparez avec l’acte I scène 5 du malade imaginaire. Pas un mot d’écart.
Puis j’ai décidé de faire ce que tout le monde rêve de faire mais que jamais personne n’a osé : traduire Molière. Les anglais traduisent Shakespeare, on ne lit pas Rabelais dans le texte. Alors pourquoi ne pas essayer avec Molière ? Un texte écrit il y a 350 a forcément pris un coup de vieux. Oh, pas grand’chose. Une tournure de phrase. Que l’Égyptienne devienne une Bohémienne, on aura gagné en clarté et changer de région. J’ai dit que je ne ferais pas de jeunisme. Juste un rafraîchissment. Et on verra, dans le jeu, si vraiment ça gène.
Et puis il reste le talent des acteurs qui peut-être, au fil des répétitions, changerons quelques répliques, quelques tournures de phrases. Pour une plus grande efficacité. Si, je vous assure, par endroit, ils peuvent être aussi talentueux que notre auteur national.
Et puis, il y aura Napoli, ville où est censée se dérouler notre farce. La ville de Toto et d’Edouardo de Filipo. Celle des canzoni. Nous les retrouverons. Mais gardons quand même quelques surprises sous le coude.
Molière, un génie.
Scapin, un plaisir.

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