ÉGÉE
Dans la mythologie grecque, Égée est le père
de Thésée.
Égée fit un premier mariage avec Méta, mais comme
il n'en obtint pas d'enfant, il la répudia pour épouser
Chalciope. Restant toujours sans héritier, il résolut
d'aller consulter l'oracle de Delphes, qui lui répondit : «
Tu ne dois en aucun cas délier le col de ton outre gonflée
de vin avant d'avoir atteint le plus haut degré d'Athènes.
» Sur le chemin du retour, Égée s'arrêta
à Trézène, où son ami, le roi Pitthée,
comprenant le sens de l'oracle, l'enivra et le mit dans le lit de
sa fille Éthra. Avant son départ pour Athènes,
Égée recommanda à Éthra que si elle concevait
un enfant mâle, elle devrait l'élever de façon
conforme à son rang ; il déposa aussi, sous un énorme
rocher, une épée et des sandales d'or, insignes royaux
qui lui dévoileraient le secret de sa naissance le jour où
il pourrait soulever la roche.
De retour à Athènes, Égée y fit célébrer
les Panathénées, qui furent remportées par Androgée,
fils du roi de Crète Minos. Mais Androgée mourut dans
des circonstances suspectes, et Minos tint Égée pour
responsable, ce qui provoqua une guerre. Athènes fut affamée
par un siège interminable. Finalement, les Athéniens
proposèrent à Minos de choisir le tribut qu'il voulait
pour lever le siège : il exigea que chaque année lui
soient envoyés en Crète sept jeunes garçons et
sept jeunes filles afin de nourrir le Minotaure.
La paix étant revenue, Médée la magicienne lui
demanda l'hospitalité, alors qu'elle fuyait Corinthe où
elle venait de tuer le roi Créon. Égée lui accorda,
d'autant qu'elle lui promit un héritier : il l'épousa,
et quelque temps plus tard naquit un fils, Médos.
C'est ainsi que Thésée, le fils né d'Éthra,
se présenta à Athènes, portant avec lui l'épée
que son père avait laissée sous le rocher. Thésée
était précédé d'une grande réputation
pour avoir accompli de nombreux exploits. Médée, qui
nourrissait un destin royal pour son fils, comprit l'identité
du nouveau venu, et n'eut de cesse de le perdre : le dénonçant
à Égée comme un traître, elle le fit mettre
au défi en l'envoyant combattre le taureau crétois à
Marathon ; comme Thésée triompha, elle proposa de l'empoisonner.
Égée accepta mais au moment où il lui tendait
la coupe fatale, il reconnut l'épée portée par
Thésée et put éviter le pire. Médée
s'enfuit par la suite vers sa Colchide natale.
Thésée fut alors associé au pouvoir par son père,
et entreprit d'aller en Crète, afin de libérer Athènes
du joug de Minos. Il y parvint, tuant le Minotaure, mais sur le retour
il oublia la consigne de son père : mettre des voiles blanches
en cas de succès, noires en cas d'échec. Sa flotte se
présentant devant Athènes avec une voilure noire, Égée
crut que son fils avait péri et de douleur, il se jeta dans
la mer qui porte depuis son nom.
Les Elfes
personnages légendaires nés au cœur des
mythologies germaniques et nordiques, et considérés
à l’origine comme des divinités de la fécondité.
Origines
L’elfe, désigné également sous
le nom d’alfe ou d’alfar, est un personnage qui trouve
son origine dans les croyances des peuples germaniques et nordiques.
Son apparition dans les récits populaires remonte à
des temps fort anciens. Initialement, les elfes sont considérés
comme des esprits liés aux forces régnant au sein de
la nature, et sont couramment associés aux phénomènes
atmosphériques. On leur attribue une apparence très
proche de celle des hommes. Habitants des forêts et des sources,
demeurant invisibles aux yeux du commun des mortels, ils possèdent
une influence sur la fertilité et sont communément craints.
Un culte s’organise autour de ces personnages, et de nombreux
sacrifices leur sont offerts afin d’obtenir leur bienveillance.
Elfes blancs et elfes noirs
L’image de l’elfe évolue progressivement
vers de nouvelles attributions. Le changement le plus marquant consiste
en l’apparition de deux groupes distincts. On voit en effet
apparaître d’une part les elfes blancs ou elfes clairs,
et d’autre part les elfes noirs ou elfes sombres.
Les elfes blancs
Ce sont des esprits aériens et lumineux, décrits
comme des êtres gracieux et bienveillants. Ils vivent au contact
des dieux, avec lesquels ils entretiennent des relations cordiales,
et résident dans le royaume d’Alfheim. Ils fuient la
compagnie des hommes, mais l’on raconte qu’ils viennent
parfois danser au clair de lune au cœur des forêts. Ces
elfes sont dotés d’une grande intelligence. On leur attribue
également une beauté exceptionnelle et parfois des dons
de magie.
Les elfes noirs
Ce second groupe d’elfes s’affirme quant à
lui comme la totale antithèse du premier. Habitant les profondeurs
de la terre, les elfes sombres n’ont rien de charmant. Ils craignent
la lumière du soleil et sont pourvus de physiques disgracieux.
Ils sont également couramment considérés comme
des êtres malveillants. Dans les récits mythologiques,
ces elfes se confondent parfois avec les représentants du peuple
des nains. On leur attribue alors les mêmes qualités
de forgerons.
Évolution de la figure de l’elfe
À partir du Moyen Âge, la figure de l’elfe,
fondée sur les caractéristiques de la figure ancestrale
de l’elfe blanc, se diffuse et connaît une grande popularité.
Le personnage se voit doté de grands pouvoirs bénéfiques.
L’un des elfes les plus célèbres est Obéron,
roi des elfes cité dès le XIIIe siècle dans la
chanson de geste intitulée Huon de Bordeaux (v. 1260). Il apparaît
de nouveau chez Chaucer puis dans le Songe d’une nuit d’été
de Shakespeare, mais aussi dans l’Obéron (1826) de Carl
Maria von Weber. Personnages ayant peu à peu intégré
les légendes celtiques, les elfes sont couramment associés
aux fées, avec lesquelles ils se confondent parfois. Une nouvelle
interprétation de leur identité est réalisée
chez J.R.R. Tolkien, qui les évoque dans le Seigneur des anneaux
et le Silmarillion. De nos jours encore, les elfes, que l’on
rencontre dans de nombreux contes islandais, font partie des croyances
populaires.
LES 3 INTRIGUES
Des chassés-croisés d'amoureux
À Athènes, la nuit précédant
le mariage de Thésée et Hippolyta, de jeunes gens s'emmêlent
dans des intrigues amoureuses : Héléna aime Démétrius,
Démétrius aime Hermia, mais Hermia et Lysandre s'aiment
et s'enfuient dans la forêt.
Un monde féérique gaffeur
Une deuxième intrigue fait intervenir Obéron,
roi des elfes, et sa femme Titania, qui se sont querellés à
propos d’un page. Obéron demande alors au lutin Puck
de lui procurer un philtre d’amour issu du suc de fleurs magiques,
qui, une fois versé dans les yeux de Titania, lui fera désirer
le premier être aperçu à son réveil. Obéron
entreprend également de réconcilier Démétrius
et Héléna et ordonne également à Puck
de verser le philtre d’amour dans les yeux de Démétrius.
Mais le lutin se trompe et le verse dans ceux de Lysandre, qui déclare
sa flamme à Héléna. Obéron découvre
la méprise et administre le philtre à Démétrius
: les deux rivaux pour l'amour d'Hermia se battent désormais
pour Héléna, initialement délaissée. Titania,
la reine des fées, est aussi victime de la magie, qui lui fait
désirer un homme à tête d’âne (le
tisserand Bottom, jouet également de la magie de Puck). Pris
de pitié pour sa femme, Obéron la délivre de
l’enchantement, se réconcilie avec elle et ordonne à
Puck de verser sur les amants un nouveau philtre qui les fait retourner
à leurs premières amours.
Des artisans comédiens amateurs
Une troisième intrigue montre des artisans athéniens
(dont Bottom) répétant en ces mêmes lieux une
scène de Pyrame et Thisbé, qu’ils doivent jouer
aux noces de Thésée et Hippolyta. La pièce s’achève
par la représentation de cette scène, sur le mode grotesque.
Ninus
Ninus est le nom, selon les auteurs de la période
hellénistique, du fondateur éponyme de la ville de Ninive,
bien qu'il ne corresponde à aucun personnage historique connu.
Réputé être le fils de Belus ou Bel (nom signifiant
« seigneur »), il aurait conquis l'Asie occidentale en
17 ans avec l'aide d'Ariaeus, roi d'Arabie, et fondé le premier
empire Mésopotamien.
Empire de Ninus selon Diodore de Sicile
Pendant le siège de Bactra, il s'éprit de Sémiramis,
la femme d'un de ses officiers, Onnès, qu'il contraignit au
suicide pour épouser la belle : ils eurent un fils nommé
Ninyas, ou quelquefois Tammuz. Ctésias de Cnide fait commencer
le règne de Ninus en -2189, et Castor de Rhodes indique qu'il
dura 52 ans. Sémiramis fut accusée de sa mort, mais
lui érigea un mausolée près de Babylone où
se déroule mythe de Pyrame et Thisbé.
On l'a parfois identifié au Nimrod de la Bible, fils de Koush
(Genèse, 10).
Un autre Ninus aurait été le dernier roi de Ninive,
succédant à Sardanapale.
Obéron
Obéron, ou Aubéron est le roi des Fées, selon
de nombreuses légendes. Il apparaît dans la littérature
dès le haut Moyen Âge (Huon de Bordeaux), et il est particulièrement
connu comme personnage de William Shakespeare, dans Le Songe d'une
nuit d'été (vers 1590).
Obéron apparaît dans de nombreuses autres œuvres,
anciennes (Chaucer, Spenser, Wieland) ou modernes.Légende mérovingienne
Le statut d'Obéron comme roi des elfes provient du personnage
d'Alberich (elbe pour elfe, reix,rex pour « roi »), un
sorcier dans l'histoire légendaire de la dynastie Mérovingienne.
Dans cette légende, il est le « frère »
dans l'Autre Monde de Merowech, dont le nom est l'éponyme des
Mérovingiens. Alberich gagne pour son fils aîné
Walbert la main d'une princesse de Constantinople. Dans l'épopée
Nibelungenlied, Alberich garde le trésor des Nibelungen, mais
est vaincu par Siegfried.
Geste française
Le nom Obéron est mentionné dans la littéraire
française dès la première moitié du XIIIe
siècle, comme nain féerique qui aide le héros,
dans la chanson de geste Les Prouesses et faitz du noble Huon de Bordeaux.
Quand Huon, fils du comte Seguin de Bordeaux, traverse la forêt
où il vit, il est mis en garde contre Obéron par un
hermite, mais sa courtoisie l'amène finalement à recevoir
les salutations d'Obéron, et ainsi obtenir l'aide de ce dernier
dans sa quête. Ayant tué Charlot, le fils de l'empereur
(en se défendant), Huon doit visiter la cour de l'amir de Babylone
et exécuter divers exploits pour gagner le pardon. C'est seulement
grâce à l'aide d'Obéron, qu'il y réussit.
Cet elfe apparaît avec une taille de nain, mais très
beau ; Obéron explique que lors de son baptême, une fée
offensée l'a maudit à cette taille — première
mention d'une mauvaise marraine-fée). Mais radoucie, celle-ci
lui aurait ensuite donné en compensation une grande beauté.
Cet aspect singulier, issu de l'Alberich de Nibelungen, la taille
de nain, trouvait ainsi une explication. [1]
Le véritable Seguin était comte de Bordeaux sous Louis
le Pieux en 839, et mourut en combattant les Normands en 845. Charles
l'Enfant, fils de Charles le Chauve, mourut en 866 des blessures infligées
par un certain « Aubouin », dans des circonstances similaires
à celles du Charlot de l'histoire — un guet-apens. Obéron
apparaît donc dans l'imaginaire courtois français du
XIIIe siècle, d'après une interprétation de faits
historiques datant du IXe.
À ce personnage légendaire, il est donné quelques
artefacts celtiques, telle une coupe magique (comparable au Saint
Graal) qui reste toujours pleine pour le vertueux : « La coupe
magique fournissait leur repas du soir ; son pouvoir était
tel, qu'elle proposait non seulement du vin, mais aussi des aliments
plus solides quand désirés[2] » selon Thomas Bulfinch.
Dans cette histoire, Obéron est également présenté
comme l'enfant de la fée Morgane et de Jules César.
Un manuscrit du roman dans la ville de Turin[réf. nécessaire]
contient un prologue à l'histoire Huon de Bordeaux, sous la
forme d'un roman séparé (dédié au personnage
d'Auberon), et quatre suites. Il y eut plus tard des versions françaises[réf.
nécessaire].
Shakespeare
Shakespeare vraisemblablement lut ou entendit cette chanson de geste,
dans la traduction faite vers 1540 par Lord John Bourchier Berners,
intitulée Huon de Burdeuxe. Dans son journal intime, Philip
Henslowe nota qu'une représentation de la pièce Hewen
de Burdocize eut lieu le 28 décembre 1593.Autres références
historiques
Royal Opera House (Covent Garden), vers 1809
Obéron est un personnage dans The Scottish History of James
IV (« L'Histoire écossaise de James IV »), une
pièce écrite vers 1590 par Robert Greene.
En 1610, Ben Jonson a écrit une Mascarade : Oberon, the Fairy
Prince (« Obéron, le Prince féerique »).
Il a été représenté par Henry Frederick
Stuart, le prince de Galles, à la cours anglaise le jour du
nouvel an 1611.
Obéron fait également partie du semi-opéra de
Henry Purcell The Fairy Queen (1692), adapation musicale de Le Songe
d'une nuit d'été.
En 1826, l'opéra Oberon de Carl Maria von Weber (écrit
d'après un poème de Christoph Martin Wieland) fut joué
au Covent Garden de Londres.
Le nom Obéron fut choisi pour nommer le satellite de la planète
Uranus en 1847, comme hommage à William Shakespeare et son
personnage littéraire.
Le personnage du roi Obéron a été transposé
dans de nombreuses œuvres fantastiques, notamment en langue anglaise
; romans , bande-dessinées, dessin-animés, films...
* Dans les romans fantastiques du Cycle des princes d'Ambre de Roger
Zelazny, Obéron est le roi d'Ambre et le père de tous
les princes.
* Dans "Les Celtiques, Songe d'un matin d'hiver", du dessinateur
Hugo Pratt, parmi les rencontres de son héros Corto Maltese.
* Dans le dessin animé Gargoyles
* Dans la BD "La Graine de Folie", du dessinateur Emmanuel
Civiello.
* Dans l'attraction Droomvlucht du parc d'attractions Efteling
Puck
Puck est un personnage féerique du folklore médiéval
anglais. Puck s'appelle pooka , phouka ou púca en Irlande,
et pwcca au Pays de Galles.
Dans la mythologie irlandaise médiévale, il est appelé
pooka et est une créature de la même origine que le dieu
grec Pan. Cette divinité avait la propriété d'être
métamorphe mais ne prenait généralement pas forme
humaine. Selon les époques et les auteurs, cette divinité
pouvait être soit bienveillante soit malfaisante. Il prenait
ainsi souvent l'apparence d'un grand cheval noir aux yeux jaunes et
enflammés, avec une longue crinière sauvage. Sous cette
forme, il parcourait un large territoire pendant la nuit en forçant
les portails et en terrorisant les habitants des fermes isolées[1].
Sorte de lutin ou farfadet malin et espiègle qu'on appelait
aussi Robin Goodfellow (Robin Bonenfant[2]) ou Hobgoblin («
croquemitaine »[3]). Il joue des tours aux voyageurs, se transforme,
effraie les jeunes filles et bouscule les vieilles dames.
Puck apparaît dans le tome 34 de la série Charmed, ainsi
que dans la série littéraire américaine Les Sœurs
Grimm de Michael Buckley.
Shakespeare en fait un personnage du Songe d'une nuit d'été.
Puck y est au service d'Obéron, roi des fées. Obéron
l'envoie chercher la fleur d'« amour en oisiveté »
(love-in-idleness) et Puck doit en déposer le suc sur les yeux
d'un jeune homme « en costume d'Athénien ». Par
erreur il administre ce charme à un autre jeune homme endormi,
Lysandre. Il afflige Nick Bottom d'une tête d'âne, si
bien que Titania, reine des fées, tombe amoureuse d'une bête
et oublie ses sentiments pour le petit Indien. Puck s'amuse de la
confusion qu'entraînent ses bévues. Plus tard il reçoit
d'Obéron l'ordre de créer un brouillard épais
et d'y égarer les amants rivaux en imitant leur voix, puis
d'appliquer un antidote aux paupières de Lysandre. À
la fin de la pièce il explique ses actes dans un discours qui
sert à banaliser la pièce elle-même, pour le cas
où elle aurait offensé les spectateurs. "Ombres
que nous sommes, si nous avons déplu, figurez-vous seulement
que vous n’avez fait qu’un mauvais somme." Ce vers
a pour fonction essentielle de rattacher les spectateurs à
la pièce en les comparant aux amants athéniens : dans
la pièce ils se sont eux-mêmes éveillés
comme d'un rêve des folies du monde des fées.
Dans les années 1980, le nom de Puck a été donné
à une lune d'Uranus en hommage à Shakespeare.
Cette créature aurait inspiré Pucca, un dessin animé.
Puck apparaît régulièrement dans le dessin animé
Gargoyles.
Puck, avec Obéron, Merlin et Morgane, sera l'un des protagonistes
féeriques du fameux : "Songe d'un Matin d'Hiver",
une aventure de Corto Maltese par Hugo Pratt dans Les Celtiques
Véritable ode au théâtre, le jeu vidéo
Final Fantasy IX consacre son existence avec un personnage à
son nom. Il s'agit en effet d'un jeune rat, fils du Roi de Bloumécia.
Cinéma et télévision [modifier]
Le film Harvey, film américain réalisé par Henry
Koster en 1950 et interprété par James Stewart fait
référence à un lapin géant de 2,03 mètres
qu'il indique être un "Pooka".
Le résumé
I, 1 -Quelque part à Athènes, probablement
à la cour, Thésée, due d'Athènes, et Hippolyta,
reine des Amazones, doivent célébrer leurs noces dans
quatre jours, à la nouvelle lune. Le duc demande à Philostrate
de préparer les fêtes. Égée arrive avec
sa fille Hermia et les deux prétendants de celle-ci. Il veut
qu'elle épouse Démétrius mais elle aime Lysandre.
Égée invoque une loi ancienne qui lui permet d'imposer
un mari à sa fille ou de la faire mettre à mort si elle
refuse. Thésée confirme cette loi et donne à
Hermia le choix entre la mort et le couvent. Il apparaît que
Démétrius a fait la cour a une autre jeune fille, Hélène,
et que celle-ci l’aime. Restés seuls, Hermia et Lysandre
se lamentent sur leur sort et décident de s'enfuir pour se
marier. Ils se donnent rendez-vous pour le lendemain soir dans un
bois à une lieue d’Athènes. Sur ce, arrive Hélène.
Elle est au désespoir parce que Démétrius la
néglige et aime Hermia. Celle-ci révèle alors
à Hélène qu'elle va s'enfuir avec Lysandre. Hélène
pourra donc essayer de reconquérir Démétrius.
Restée seule, Hélène décide de révéler
à Démétrius la fuite projetée d’Hermia.
Elle se dit que Démétrius ira au bois et elle entend
le suivre.
I, 2. - Ailleurs à Athènes, six artisans sont réunis.
A l'occasion des noces de Thésée, ils veulent monter
une pièce, Pyrame et Thisbé, et Charpente (un charpentier)
distribue les rôles. Face-de-Pet (un tisserand) sera Pyrame,
Flûte (un raccommodeur de soufflets) sera Thisbé, Meurt-de-Faim
(un tailleur) la mère de Thisbé, Charpente le père
de Thisbé, Lebec (un rétameur) le père de Pyrame
et enfin Lajusté (un menuisier) sera le lion. Ils prennent
rendez-vous pour répéter au clair de lune le lendemain
dans le bois à un mille d’Athènes.
II,1. - Dans ce bois, Puck, un lutin, rencontre une fée qui
lui annonce l'arrivée imminente de sa reine, Titania. Celle-ci
se querelle avec Obéron, le roi des Fées, à propos
d'un joli petit prince indien que les fées ont volé
et que la reine ne veut pas donner au roi. Puck est un farceur au
service du roi des Fées, et il joue souvent des tours aux gens
de la campagne. surtout les femmes. Titania et Obéron arrivent,
chacun avec une suite de fées. et s'accusent mutuellement d'infidélité.
Pour réduire son obstination, Obéron envoie Puck chercher
une certaine fleur dont le suc, exprimé sur les yeux d'un dormeur,
le rend immanquablement amoureux de la première personne qu'il
voit au réveil : il s'en servira pour mater la reine. Cependant,
ayant surpris la querelle entre Helena et Démétrius,
et voulant par bonté d'âme les rapatrier, Obéron
confie une des fleurs à Puck et lui ordonne d'en frotter les
yeux du jeune Athénien.
II, 2. - Mais Puck se trompe d'Athénien :
ne connaissant pas Démétrius et trouvant Lysandre endormi,
il exprime sur les yeux de celui-ci le suc de la fleur magique. Démétrius,
de plus en plus exaspéré, passe près d'Hermia
et de Lysandre sans les voir; Helena qui le suit avec peine reste
en arrière à se lamenter, et Lysandre qui se réveille
en devient aussitôt amoureux. Helena prend ses déclarations
inattendues pour une dérision, elle s'efforce de rattraper
Démétrius, et Lysandre s'attache à ses pas, abandonnant
Hermia endormie. Celle-ci se réveille, à son tour, s'affole
de ne plus voir Lysandre, et part à sa recherche; mais elle
ne rencontre que Démétrius. Il lui reproche sa cruauté,
elle l'accuse d'avoir tué son rival; il affirme ne pas l'avoir
vu, elle repart à sa poursuite. Démétrius va-t-il
la suivre ? Il comprend qu'il y perdrait sa peine en ce moment; il
est d'ailleurs fourbu par cette course vaine dans l'obscurité;
il s'étend sur le sol et s'endort. Obéron, qui a surpris
leur conversation, veut réparer la méprise de Puck;
il frotte de la fleur magique les yeux de Démétrius
et il ordonne à Puck d'aller chercher Helena. Elle arrive,
toujours escortée de Lysandre, qui l'assassine toujours de
déclarations, où elle ne veut toujours voir qu'une moquerie.
Leur altercation réveille Démétrius qui en redevient
instantanément amoureux. Helena devrait s'en réjouir
et le prendre au mot; mais, ayant le caractère mal fait, elle
ne veut pas croire à son bonheur et préfère supposer
un coup monté entre les deux hommes pour lui faire une cour
dérisoire. L'arrivée d'Hermia, qui cherchait toujours
son Lysandre, va encore compliquer les choses : il a beau lui déclarer
tout net qu'il n'éprouve rien pour elle, elle se refuse à
le croire, tandis que, persistant dans son système, Helena
l'accuse d'être du complot. Les deux femmes se querellent et
sont tout près d'en venir aux mains; les deux hommes, qui prennent
le parti d'Helena, se lancent des injures et s'éloignent ensemble
pour vider leur querelle le glaive à la main.
Mais Obéron, qui fut témoin de cette
comédie, ne veut pas qu'elle tourne au tragique : il invite
Puck à renforcer l'obscurité de la nuit, si bien que
les deux forcenés n'arrivent pas à se rejoindre. L'un
après l'autre, harassés de fatigue, ils viennent se
coucher, sans se voir, clans la clairière où ils se
trouvaient; Hermia et Helena, non moins lasses, reviennent isolément
s'y étendre. Il suffira maintenant, pour que tout rentre dans
l'ordre, que Lysandre retrouve les mêmes yeux dont il regardait
naguère Hermia, car celle-ci n'a jamais cessé de l'aimer,
comme Helena Démétrius. Or Obéron possède
justement dans son arsenal magique une autre fleur ayant cette vertu.
Puck, cette fois, ne commet plus d'erreur : quand la trompe des veneurs
les réveillera, «chacun aura, dit-il, retrouvé
sa chacune », et les deux couples s'épouseront tout à
l'heure, en même temps que le duc et Hippolyta.
Les Sources
La Vie de Thésée, dans Plutarque,
et deux contes de Chaucer, ont peut-être fourni à Shakspeare
quelques traits de son ouvrage, mais l'imitation y est très-difficile
à reconnaître.
Comme dans toutes les pièces de Shakespeare
qui, non seulement n'ont aucun prétexte historique mais sont
délibérément intemporelles, la source est évidemment
le génie, l'imagination du poète, nourris de sa culture,
de ses lectures, et aussi -il faut y insister- de la veine populaire
et du folklore anglais.
On vient de parler de culture et de lectures. La trace est évidente
du Plutarque de North (qui a notamment fourni un répertoire
des conquêtes amoureuses imaginaires de Thésée);
on y a ajouté Les Découvertes de la sorcellerie de Reginald
Scott parce que c'était un ouvrage récent (1584), mais
Shakespeare a aussi bien pu alimenter et documenter son invention
ailleurs, les ouvrages sur la sorcellerie et les métamorphoses
abondaient, la tradition orale était particulièrement
riche; Shakespeare a bien plus probablement eu, non pas Scott comme
"source" mais, en amont, des sources communes à ?Scott
et à lui. Plus vague encore, générale, et non
moins évidente, l'influence d'?Ovide qui faisait partie du
fonds de la culture; Huon de Bordeaux, peut-être; et la Diana
Énamorada de Montemayor. Les critiques contemporains semblent
négliger, à tort selon nous, une source beaucoup plus
précise signalée par Eschemburg: deux récits
de Chaucer. L'un, la Légende de Thisbé de Babylone,
semble venir d'Ovide, en qui Shakespeare et ?Chaucer pouvaient se
rencontrer. L'autre, le Conte des Chevaliers, est beaucoup plus frappant:
on y assiste à l'entrée à Athènes de Thésée
et d'Hippolyte dont les noces viennent d'être célébrées;
on célèbre aussi dans un bois la "fête de
mai"; s'y mêle une histoire d'amour et de rêves,
de travestissements, sinon de métamorphoses; deux rivaux s'y
opposent; dernier trait, accessoire mais d'autant plus significatif:
Phisostrate figure dans l'histoire, dont la présence dans la
pièce semble quelque peu superflue ou parasite.
Titania
Titania est la reine des fées dans « Le Songe d'une nuit
d'été » de William Shakespeare. Dans les contes
populaires anglais, la reine des fées n'a traditionnellement
pas de nom.
Shakespeare emprunta ce nom à Ovide qui dans les Métamorphoses
nomme Titanias les soeurs des Titans.
Dans "le Songe", Titania est la femme d'Oberon.
Touchée par un sort jeté par Puck sur ordre d'Oberon,
elle tombe endormie. L'enchantement veut qu'elle tombe amoureuse du
premier venu à son réveil, ce sera Nick Bottom qui a
une tête d'âne.
La plus grosse lune d'Uranus découverte le 11 janvier 1787
par William Herschel porte le nom de Titania.
Le Titre
Cette "nuit d'été" est une nuit de
printemps.
Johnson : "Je ne vois pas pourquoi Shakespeare intitule cette
pièce Le Songe de la nuit de la Saint-Jean, alors qu'il prend
soin de nous apprendre que l'action se déroule la veille du
premier mai. "
on a avancé que la pièce avait été représentée
un soir de la Saint-Jean, voire composée pour une fête
de la Saint-Jean