Les adaptations
Un opéra "Ubu Rex", de Krzysztof Penderecki.
Alexis Ier Mikhaïlovitch dit « le Tsar très paisible » (19 mars 1629-8 février 1676) tsar de Russie de 1645 à 1676.
Fils de Michel III Romanov (1596-1645) et de Maria Dolgorouki (?-1625).
En 1648 il épouse Maria Miloslavskaïa (1625-1669) qui lui donna treize enfants :
En 1671, Alexis 1er épouse Natalia Narychkina (1651-1694) qui lui donna deux enfants dont Pierre le Grand (1672-1725)
Alexis Ier, second tsar Romanov, est cependant le premier à avoir été élevé au Kremlin.
Le règne d'Alexis se caractérise par l'instauration d'un État qui devient de plus en plus policier. En politique extérieure, le territoire russe s'est agrandi de Smolensk et de l'Ukraine orientale. En Sibérie, la colonisation se poursuit et le Pacifique est atteint en 1645.
En gras, les ouvrages que nous avons consulté.
Œuvres et éditions d’Alfred Jarry
1888 - Ubu roi : drame en 5 actes, en prose, restitué en son intégrité tel qu’il a été représenté par les marionnettes du théâtre des Phynances en 1888. Paris : Mercure de France. 172 p.
1938 - Ubu enchaîné [suivi de] Ubu sur la butte, des paralipomènes et d’essais sur le théâtre / préface de Jean Saltas. Paris : Fasquelle. 185 p.
1943 - La dragonne : roman / préface de Jean Saltas. Paris : Gallimard. 182 p.
1944 - Ubu cocu : cinq actes. Genève : Éditions des Trois collines. 95 p.
1950 - Ubu roi ou les Polonais. Ubu enchaîné et les Paralipomènes d’Ubu / préface de J. Hugues Sainmont. Paris : le Club français du livre. 293 p. (le Club français du livre ; théâtre ; 6)
1964 - Saint-Brieuc des choux : poésies et comédies tirées d’Ontogénie. Paris : Mercure de France. 40 p.
1965 - Ubu roi [suivi de] Ubu enchaîné / préface de Claude Bonnefoy. Paris : Livre du club du libraire. 240 p. (Livre du club du libraire ; 192)
1968 - Peintures, gravures et dessins d'Alfred Jarry / Collège de pataphysique ; préface et commentaire des œuvres par Michel Arrivé. Paris : Cercle français du livre ; Collège de pataphysique. 125 p.
1972 - Alfred Jarry (notes & présentation Michel Arrivé), Œuvres complètes I, Gallimard, Bibliothèque de la Pléiade.
1974 - Le manoir enchanté : et quatre autres œuvres inédites / présentées par Noël Arnaud. Paris : La Table ronde. 247 p.
1974 - François Caradec : A la recherche de Alfred Jarry (Seghers)
1977 - Messaline : roman de l’ancienne Rome [suivi de] Madrigal / préface et notes de Thieri Foulc. Paris : Losfeld. 207 p. (Merdre)
1977 - Les minutes de sable mémorial : César-Antéchrist / édition présentée et annotée par Philippe Audoin. Paris : Gallimard. 249 p. (Poésie ; 119)
1980 - Gestes et opinions du docteur Faustroll, pataphysicien [suivi de] L’Amour absolu / édition établie, présentée et annotée par Noël Arnaud et Henri Bordillon. Paris : Gallimard. 247 p. (Poésie ; 143)
1981 - Les jours et les nuits : roman d’un déserteur. Paris : Gallimard. 213 p. (L’imaginaire ; 82)
1985 - Tout Ubu. Paris : Librairie générale française. 536 p. (Le livre de poche ; 838)
1985 - Ubu intime : pièce en un acte : et divers autres inédits autour d’Ubu / présentés et annotés par Henri Bordillon. Romillé : Folle avoine. 203 p. (Quarto) : des textes originaux
1988 - Œuvres complètes. Paris : Gallimard. (Bibliothèque de la Pléiade)
1989 - Fargue et Jarry : documents inédits / présentés et annotés par Jean-Louis Goujon. Penne du Tarn : Société des amis d’Alfred Jarry. 83 p.
1992 - Siloques, superloques, soliloques et interloques de pataphysique / édition présentée par Patrick Besnier. Bégles : le Castor astral. 93 p. (Les inattendus ; 18)
1993 - Le surmâle [précédé de] Le sur-mal ou comment le roman vient au poète : roman moderne / par Christian Prigent. Paris : P.O.L.. 150 p. (La collection)
2000 - Ubu Roi, éd. Mille et une nuits, Paris(avec une postface de Joël Gayraud).
2004 - Œuvres. Paris : Laffont. 1367 p. (Bouquins) CompletÉtudes critiques
Arnaud, Noël : Alfred Jarry, d'«Ubu roi» au «Docteur Faustroll». Paris : la Table ronde, 1974. 457 p. (Les Vies perpendiculaires)
Arrivé, Michel : Les Langages de Jarry : essai de sémiotique littéraire. Paris : Klincksieck, 1972. 382 p. (Publications de l'Université de Paris X, Lettres et sciences humaines ; série A. Thèses et travaux ; 18)
Lire Jarry. Bruxelles : Complexe, 1976. 172 p. (Dialectiques)
Béhar, Henri : Jarry, le monstre et la marionnette. Larousse 1973 (théorique et explicatif)
Béhar, Henri : Les Cultures de Jarry. Paris : Presses universitaires de France, 1988. 309 p. (Écrivains)
Béhar, Henri : La dramaturgie d'Alfred Jarry. Paris : Champion, 2003. 411 p. (Littérature de notre siècle ; 22)
Béhar, Henri : Jarry dramaturge. Paris : Nizet, 1980. 304 p. (de belles images de mises en scène : Wilson, Brook)
Besnier, Patrick : Alfred Jarry. Paris : Plon, 1990. 188 p. (Collection biographique)
Besnier, Patrick : Alfred Jarry. Paris : Fayard, 2005. 724 p.
David, Sylvain-Christian : Alfred Jarry, le secret des origines. Paris : Presses universitaires de France, 2003. 196 p. (Perspectives critiques)
Foulc, Thierry ; Besnier, Patrick ; Béhar, Henri : Alfred Jarry. Paris : Europe, 1981. 347 p.
Lebois, André : Alfred Jarry l'irremplaçable. Paris : le Cercle du livre, 1950. 227 p. (Les univers de la littérature)
Lot, Fernand : Alfred Jarry : son œuvre, portrait et autographe : document pour l'histoire de la littérature française. Paris : Éditions de la nouvelle revue critique, 1934. 80 p. (Collection des célébrités contemporaines. 3e série ; 2)
Perche, Louis : Alfred Jarry. Paris, Éditions universitaires, 1965. 128 p. (Classiques du XXe siècle ; 74)
Van Schoonbeek, Christine : Les portraits d'Ubu. Biarritz, Séguier, 1997. (beaucoup d'images)1968 - Peintures, Gravures et Dessins d'Alfred Jarry (collège de Pataphysique et Cercle Français du Livre) : Complet dans son genre
1970 - Cahiers Renaud-Barrault, spécial Jarry (Gallimard) : des images de répétitions intéressantes.
1989 - Ubu, cent ans de règne (Musée gallerie de la seita) : très riche et diverse icinographie.2007 - Rachilde - A.J., le surmâle de lettres (arléa) : Témoignage de - sans doute - la seule femme qui ait aimé Jarry.
Articles critiques
Aegidius, Adam : « La chronique poétique : esquisse d’un genre littéraire moderne ». Dans Revue romane. 2004, 39 (1), p. 132-155
Arrivé, Michel : « Les origines jarryques de la Pataphysique ». Dans Magazine littéraire. Juin 2000, 388, p. 29-32
Bergeron, Patrick : « Céleste Ugolin (1926) de Georges Ribemont-Dessaignes et l’influence d’Alfred Jarry dans le roman ». Dans Etudes littéraires. 2005, 36 (3), p. 15-41
Sainmont, Jean-Hugues : « Ubu ou la création d'un mythe », dans les Cahiers du Collège de 'Pataphysique n°3-4, 1951.
Documents électroniques et ressources en ligne
Evene.fr - Alfred Jarry, poète, dramaturge et romancier français [en ligne]. Disponible sur : http://www.evene.fr/celebre/biographie/alfred-jarry-1446.php (consulté le 22.10.2007)
Etudes littéraires - Eléments biographiques sur Alfred Jarry (1873-1907) [en ligne]. Disponible sur : http://www.etudes-litteraires.com/alfred-jarry.php (consulté le 22.10.2007)
Dubbelboer, Marieke - Un univers mécanique: la machine chez Alfred Jarry. Dans French studies, octobre 2004, 58, p. 471-483
[en ligne]. Disponible sur : http://fs.oxfordjournals.org/ (consulté le 22.10.2007)
Jarry, Alfred - Gestes et opinions du docteur Faustroll, pataphysicien : roman néo-scientifique [en ligne]. Disponible sur : http://faustroll.efields.net/index.php (consulté le 22.10.2007)
Jarry, Alfred - Ubu roi ou les Polonais en ligne]. Disponible sur : http://un2sg1.unige.ch/athena/jarry/jar_ubur.html (consulté le 22.10.2007)
Juin, Hubert - Alfred Jarry et la littérature de son temps. Dans Magazine littéraire, janvier 1971, 68.
[en ligne]. Disponible sur : http://www.magazine-litteraire.com/archives/ar_388.htm (consulté le 22.10.2007)
Ville de Laval - L’année Alfred Jarry : programme 2007 [en ligne]. Disponible sur : http://www.alfredjarry2007.fr/ (consulté le 22.10.2007)
La Création
"Ubu roi, ou les Polonais" a étépubliée le 25 avril 1896 dans Le livre d'Art (revue de Paul Fort) et représentée pour la première fois le 10 décembre 1896. Il s'agit de la première pièce du cycle d'Ubu. Cette pièce est considérée comme précurseur du mouvement surréaliste et du théâtre de l'absurde.
La générale se passa presque bien, même si la musique composée par Claude Terrasse ne put être jouée.
Le public, pourtant composé d'amis de Jarry, réagira au troisième acte, où un acteur joue une porte de prison en tendant son bras, et le père Ubu fait tourner un doigt dans sa main pour déverrouiller la porte, et la "porte de prison" pivote de quatre-vingt dix degrés en grinçant...
La création a lieu le 10 décembre 1896 au théâtre de l'Œuvre à Paris. Le metteur en scène est Lugné Poe, (1869-1940) et le rôle d'Ubu est tenu par Firmin Gémier, (1869-1933). Dans la salle, pleine à craquer, on se préparait avec gourmandise à manifester indignation ou ravissement.
Jarry lit un discours introductif d'une voix faible, de façon quasiment inaudible, où il annonce que l'action se passe « en Pologne, c’est-à-dire nulle part ».Le scandale éclata au premier mot, ce "Merdre" auquel un spectateur aurait répondu du tac au tac "mangre !". Courteline, furieux, hurlait à l'imposture. Edmond Rostand, dont le Cyrano de Bergerac devait, quelques mois plus tard, faire un triomphe, avait le bon goût de sourire avec indulgence. Un anonyme protestait : «Vous ne comprendriez pas davantage Shakespeare», donnant ainsi sa dimension universelle à une soirée bien parisienne.
Les critiques. Les références au théâtre grec et à Shakespeare exaspéraient les uns, enthousiasmaient les autres. Contre ceux qui crient au mauvais goût, Catulle Mendès soutient : « un fait est acquis : le Père Ubu existe (..) énonne parodie malpropre de Macbeth, de Napoléon » (Le Joumal, 11 décembre 1896). Et en effet, dès les jours suivants, les journalistes traitent le Président du conseil de "Père Ubu". Mais Jarry refusait à la fois toute dimension contemporaine : Ubu « n'est pas exactement Monsieur Thiers ni le bourgeois, ni le mufle... » et - avec encore plus de force - toute interprétation historique. Il affirmait avoir simplement mis « le public en face de son double ignoble ».
Dans le journal nationaliste La Victoire, André Lichtenberger dénonce « l'immense jobardise de notre anarchisme inteuectuel, aidé par le snobisme du Tout-Paris et la lâcheté de la critique », qui ont crié au chef-d'œuvre grâce à ce qu'un certain Emest Raynaud avait déjà appelé en 1896 « la collusion des esthètes et des compagnons anarchistes ».Les reprises
Mise en scène une seconde fois avec des marionnettes, le 20 janvier 1898, au Théâtre des Pantins (6, rue Ballu),elle ne sera plus jouée du vivant de Jarry. Claude Terrasse y joue au piano.
La seconde mise en scène de la pièce, en 1922, sans doute moins bien servie par l'acteur principal, est un véritable four.5 représentations entre 1896 et 1950.
Il faut attendre la mise en scène de Jean Vilar, au T.N.P., en mars 1958, pour que le Père Ubu, interprété -par Georges Wilson, atteigne le grand public. Sa renommée - désormais universelle - enrichit notre vocabulaire de l'adjectif "ubuesque", pour qualifier toute situation ou attitude marquée d'absurdité cocasse, ce qui ne correspond pas tout à fait au personnage. Depuis lors, Ubu emplit les théâtres, hante les salles de classe, siège dans des colloques, trône dans les bibliothèques.Le Cycle Ubu
Au sein d'une œuvre considérable (trois tomes de la Bibliothèque de La Pléiade!), ce que l'on appelle ( "le cycle d'Ubu" constitue un ensemble varié de textes imbriqués les uns dans les autres, écrits avant et après la pièce Ubu roi proprement dite. D'une part, des versions ou d'importants fragments de la pièce avaient déjà été intégrés, par exemple, à César-Antéchrist; d'autres seront repris, dans Ubu cocu, Ubu enchaîné (titre parodiant le Prométhée enchaîné d'Eschyle), Ubu sur la butte. La perspective ainsi créée s'enrichit encore de toutes sortes de textes, documents, dessins, chansons, almanachs, etc., explorant diverses formes d'écriture. Les «présentations», le «répertoire des costumes » complètent ou déplacent notre perception des décors ou personnages. Mais un autre genre d'écrits - citons les « Paralipomènes d'Ubu », (littéralement : « les restes », les chutes) - crée une sorte de «monde d'Ubu » dont Jarry feint d'explorer les mœurs sur le ton du naturaliste décrivant les espèces du continent qu'il découvre.
Les connotations sexuelles
Il y a une lecture sexuelle d'Ubu-Roi, les palotins, la héraldique, l'andouille et le parapluie phalliques. Peut-être. Elle ne m'intéresse pas parce qu'elle ne me convainct franchement. On peut toujours faire du freudisme. Mais le goût de P.H. pour l'andouille est avérée, les relations sexuelles avec les palotins sont à peine esquissées dans Ubu-Roi ; elles ne sont explicites que dans les autres opus. J'ai plutôt la sensation d'avoir affaire à une blague (géniale) d'ados. Mettre trop en avant le sexe, affaiblit - de mon point de vue - le propos. Et puis, j'ai envie que les enfants, les familles puissent voir ce spectacle.
L'influence
Ubu hante le théâtre d'Apollinaire (voir Les Mamelles de Tirésias), de Tzara (Le Cœur à gaz 1921). Un dadaïste qui eut jadis son heure de gloire,
Georges Ribemont-Dessaignes, prête à l'un de ses personnages un idéal ubuesque : «Raser. Raser. Raser. Explosion de cervelles. A nu. A nu. ». Et lorsqu'en 1926 Artaud veut «remonter aux sources humaines ou inhumaines du théâtre », il ouvre la salle « Alfred Jarry ».
Les Surréalistes lui rendent hommage, mais sans dire vraiment pourquoi, alors que la critique lettrée (par exemple le mince ouvrage de Femand Lot, Alfred Jarry, son œuvre, 1934) explique fort bien comment Jarry a su mettre le travail sur la langue au service de l'irrespect le plus total.Contexte idéologique : oscillation entre idée de revanche après la défaite de 70 (Boulangisme), et antimilitarisme renforcé avec affaire Dreyfus (1894), entre insouciance du pouvoir bourgeois et luttes du prolétariat : tout cela débouche sur philosophie anarchiste et libertaire marquée par attentats violents et fascination des intellectuels symbolistes.
Contexte Artistique : Réactions générées par tout cela contre académisme et bon goût, rêve d'un art total : musique, littérature, peinture sont dans un même mouvement "éclaté", autour des notions de symbolisme, impressionisme, avec cette idée qui revient régulièrement chez Jarry de "l'abstraction", du "désincarné", d'un nouveau rapport de l'homme et des choses, non "humaniste" (poésie de Rimbaud Verlaine Mallarmé que fréquente Jarry ainsi que les "nabis", peintres post-impressionistes.) idée d'une réalité subjective.
Lugné-Poe avait demandé à des artistes de renom (entre autres Bonnard, Serrusier, Toulouse-Lautrec) de travailler aux décors. L'auteur avait précisé sa conception du spectacle : de simples pancartes pour indiquer les lieux; des masques, des mannequins d'osier, des «chevaux jupons» qui transformeraient les acteurs en pantins mécaniques ; les troupes travetsant la scène réduites à un soldat. Il souhaitait des costumes «modemes et sordides » parce que «le drame en paraît plus misérable et horrifique ». Gémier - un acteur de l'Odéon qui avait accepté le rôletitre - devait adopter une diction sur deux notes qui porterait l'artifice à son comble. Jarry précisait : « J'ai voulu faire un guignol. »
Les changements de décors n’en étaient pas. Au lieu, un homme passait devant la foule avec un panneau ou l’on avait écrit, par exemple, "La Cour du Roi". Voilà, changement d’espace instantané.
Ils reviennent au galop. Je n'ai pas voulu faire une mise en scène politique. Le contexte ne s'y prête pas : j'ai été embauché par le service Jeunesse de la Ville. J'ai voulu faire une "mômerie" ("un mômon", dirait Jourdain). Même si nous faisons d'énormes anachronismes, à certains moment, je ne peux que penser aux dictaiteurs du XXe s. Surtout Hitler, Staline et - plus proche - Saddam Hussein. Pardon mais Pinochet et Franco sont plus petits ; Mao plus subtil ; les africains comme Mobutu, Bokassa ou Amin Dada sont des avatars ou des marionnettes post-coloniaux. Jarry n'est certainement pas un visionnaire. Il lui suffit de penser à Louis-Napoléon ou Bismark.. Ou l'instabilité espagnole de cette période. Je ne suis pas spécialiste (il faudriait aller fouiller) mais l'origine espagnole des "Polonais" n'est sans doute pas fortuite.
1873-1907
Poète, dramaturge et romancier français, Jan Lenica Alfred Jarry est né le 8 septembre 1873 à Laval (Mayenne). Il fait des études brillantes au lycée de Rennes puis en khâgne au Lycée Henri-IV. Ce serait un de ses professeurs, M. Herbert, le « Père Heb », qui lui aurait inspiré Ubu. Il échoue au concours de l'École Normale Supérieure.À partir de 1892, Alfred Jarry se lie avec l'équipe du Mercure de France (Alfred Vallette, Rémy de Gourmont) et fréquente Mallarmé ainsi que les milieux littéraires parisiens (Rachilde, Léon-Paul Fargue et Marcel Schwob). Le Mercure de France publie en 1894 ses Minutes de sable mémorial, un recueil de vers et de prose d’inspiration symboliste, puis en 1895 César-Antéchrist où apparaît pour la première fois le Père Ubu, qui lui apportera la gloire.
Ubu roi est joué pour la première fois en public en décembre 1896 au Théâtre de l'Œuvre (Jarry y est alors le secrétaire du directeur, Lugné-Poe).C'est un scandale dans la presse.
En 1898, il écrit Gestes et opinions du docteur Faustroll, pataphysicien (publication posthume en 1911) et publie Ubu cocu ou l’Archéoptéryx.
En 1900 Ubu enchaîné.
E n 1906 Ubu sur la butte. Jarry écrit aussi de nombreux textes critiques dans lesquels il précise ses intentions.
Il invente la Pataphysique qu’il définit comme « la science des solutions imaginaires, qui accorde symboliquement aux linéaments les propriétés des objets décrits par leur virtualité. » Son œuvre annonce le surréalisme.«Alfred Jarry aimait à rappeler qu’il était venu au monde le jour de la Nativité de la Vierge ; il est mort le jour de la Toussaint.» (Alfred Vallette, Mercure de France, 16 novembre 1907).Il meurt de la tuberculose, dans un grand dénuement, en 1907, à l'âge de 34ans.
Le Langage
Le père Ubu emploie plusieurs expressions inventées par Jarry, comme le « De par ma chandelle verte », ou le fameux épenthèse « Merdre » (inventé lui par les lycéens de Rennes).
Il existe, non loin de Rennes, une localité nommée Merdrignac. Le mot, avec son « r » adventice, fonde à jamais et signale le Père Ubu ; il est son mot de passe (acte I, scène VII). Qu'il ne le prononce pas, et il renonce à sa souveraineté. Dans l'édition originale, Merdre est suivi d'un point d'exclamation.
Général russe, d'origine irlandaise, né dans le comté de Limmerick ( Irlande), en l675, mort en Livonie,en 1751. Il vint en France en 1691 avec son oncle, Jean de Lascy, qui obtint le grade de quartier-maître général. Tous deux avaient suivi la fortune des Stuarts et fuyaient devant Guillaume d'Orange. Le jeune Pierre de Lascy entra comme lieutenant dans un régiment irlandais qui faisait partie de l'armée de Câlinât, et combattait en Piémont. Après la paix de Riswick , il servit successivement l'Autriche, la Pologne, et la Russie. En 1709 il commandait une brigade moscovite à Pultawa.et fut blessé en combattant les Suédois. En 1719 il parcourut la Baltique avec une flotte nombreuse, et dévasta 1rs cotes Scandinaves. Le tzar Pierre I" le créa lieutenant général en 1720, et le chargea d'une expédition en Finlande. Vers 1733, lors de la guerre de la succession au trône de Pologne, il amena en Autriche des troupes auxiliaires pour soutenir la cause d'Auguste H contre Stanislas, et servit sous les ordres du prince Eugène de Savoie. Les succès des Français amenèrent le traité du 3 octobre 1735. A son retour en Russie, de Lascy fut nommé feld-maréchal et gouverneur de Livonie. La guerre se ralluma en 1741 entre les Suédois et les Russes, et en 1742 vingt mille Suédois posèrent les armrs à II-1- singfort devant Lascy. Ce glorieux fait d'armes n'empêcha pas le général de Lascy de tomber en disgrâce auprès de l'impératrice Elisabeth.
source : Nouvelle biographie générale depuis les temps les plus reculés jusqu'a nos jours, De Jean Chrétien Ferdinand Hoefer Publié 1862 Firmin Didot
Stanislaw Leszczynski en polonais, est né à Lwów en Pologne, le 20 octobre 1677 et mort à Lunéville, le 23 février 1766. Il fut roi de Pologne de 1704 à 1709 et de 1733 à 1736 sous le nom de Stanislas Ier (Stanis?aw I). C'est en 1737 qu'il devint duc de Lorraine et de Bar et ce jusqu'à sa mort.
Issu d'une famille aristocratique de Bohême-Moravie installée en Pologne au Xe siècle, Stanislas Leszczyn´ski, riche héritier du palatinat de Posnanie, reçoit une éducation extrêmement soignée : solidement formé dans la littérature et les sciences, il parle et écrit, outre le polonais, l'allemand, l'italien, le français et le latin et fait le tour des grandes capitales (Vienne, Rome, Paris...) pour compléter sa formation. À vingt et un ans, il épouse la fille d'un magnat polonais, Catherine Opalinska. Le couple aura deux filles : Anne Leszczynska (1701-1718) et Marie Leszczynska, qui épousera Louis XV en 1725, ouvrant la voie au destin extraordinaire de sa famille.
source : wiki
Les Lieux
La Pologne évoquée par Jarry est un pays légendaire, mythique, mais en même temps elle présente des caractères de la Pologne réelle.
Voici la liste des principaux lieux :
* L'Espagne (L'Aragon, La Castille)
* La France (Paris, Mondragon)
* Le Danemark (Elseneur)
* La Germanie (L'Allemagne)
Il y a plus de 24 décors :
* Le Palais Royal
* Le champ de bataille
* La crypte
* Deux grottes
* Sur un navire (à la fin de la pièce)
* La maison d'Ubu
* Dans la forêt
Macbeth
De nombreuses références à Macbeth de Shakespeare sont présentes dans la pièce qui débute avec un jeu de mot sur le nom de l'auteur anglais : « Adonc le Père Ubu hoscha la poire, dont fut depuis nommé par les Anglois Shakespeare, et avez de lui sous ce nom maintes belles tragœdies par escript. »
Le 17 décembre 1896, Charles Morin écrit à Henri Bauër (1851-1915), journaliste et critique français, pour lui signaler qu'il est l'auteur, avec son frère, d'Ubu-roi, et que "Jarry, camarade de mon frère, a publié la pièce après avoir simplement changé les noms de quelques personnages."
Au lycée de Rennes, entre 1885 et 1887, les frères Charles et Henri M(orin) rédigèrent : « Les Polonais. Pièce en cinq actes».Lorsque Jarry prit connaissance du petit livret, il le remania en comédie pour le monter ensuite dans le grenier des Morin, en décembre 1888 et en janvier 1889, puis en 1890 dans l’appartement où il vit avec sa mère et sa sœur. La pièce est jouée par les marionnettes du "Théâtre des Phynances" où Henri Morin interprète le rôle du P.H., toujours roi des Polonais. La satire s’intitule toujours les Polonais et c’est la plus ancienne, ainsi que la plus proche, version de la première pièce du cycle d’Ubu.Arrivé à Paris en 1891, Jarry louera un local qu’il utilisera en atelier, portant le nom décalé du « Calvaire du trucidé ». Avec ses nouveaux condisciples et amis, il organise diverses représentations d’où renait le cycle d’Ubu qui aura subi plusieurs retouches pour arriver à sa forme quasi-définitive. C’est alors que le Père Hébert devient le Père Ubu.
C’est en gagnant le concours de prose du journal L’Écho de Paris littéraire illustré que Jarry fera la connaissance de Marcel Schwob à qui il voue une grande estime et amitié. Grâce à sa renommée naissante, il rencontre et se lie avec Alfred Valette, le directeur du Mercure de France, et sa femme Rachilde, qui habitent dans la rue de l'Échaudé Saint-Germain (glorifiée dans la chanson du Décervelage). En 1894 il y produira, pour les familiers de la maison, une version d’Ubu Roi qui plut beaucoup.En 1921, M. Chassé, retrouve et interroge les condisciples de Jarry, les frères Morin, et croit justifier les réticences des gens raisonnables avec la question «Quel est le véritable auteur de cette œuvrette ? ». Si vraiment la pièce avait été écrite par des potaches, elle ne serait, selon lui, qu'une mystification affichant sa nullité. Une nouvelle querelle éclate, que le très sérieux journal Le Temps croit trancher avec hauteur « Ubu roi existe si peu que l'identité de l'auteur ou des auteurs n'importe guère. »
La galerie des personnages comporte quelques particularités : beaucoup de personnages de la pièce n'apparaissent que pour un court instant, certains sont de réels personnages historiques russes ou polonais, des ensembles sont considérés comme un seul personnage (Toute l'Armée russe et Toute l'Armée polonaise) et un objet, la Machine à Décerveler, est créditée comme étant un personnage.
Père Ubu.
Mère Ubu
Capitaine Bordure
Le Roi Venceslas.
La Reine Rosemonde.
Boleslas, Ladislas, Bougrelas : leurs fils.
Le Général Lascy.
Stanislas Leczinski.
Jean Sobieski.
Nicolas Rensky.
L'Empereur Alexis.
Giron, Pile, Cotice : Palotins.
Conjurés et Soldats.
Peuple.
Michel Fédérovitch.
Nobles.
Magistrats.
Conseillers.
Financiers.
Larbins de Phynances.
Paysans.
Toute l'Armée russe.
Toute l'Armée polonaise.
Les Gardes de la Mère Ubu
Un Capitaine.
L'Ours.
Le Cheval à Phynances.
La Machine à Décerveler.
L'Equipage.
Le Commandant.
Le titre évoque la tragédie de Sophocle : Oedipe-Roi.
Des signes et les étymologies évoquent la période médiévale.
Des personnages ont existé au XVIIe s.
Dans l'atmosphère fin XIXe s. littéraire, on trouve le symbolisme de Mallarmé et sa violence Léon Bloy ou de Barbey d'Aurevilly, la fantaisie grinçante de Laforgue ou Charles Cros, le sens de la dérision des "zutiques", le cynisme de Mirbeau.
Le Père Ubu, stupide et vorace, se situe dans la lignée des figures qui, tout au long du XIXe siècle, ridiculisent le bourgeois repu - avec sa tête en forme de poire, rappelant les caricatures de Louis-Philippe, il est le cousin monstrueux de joseph Prudhomme, voire du Père Fenouillard. Même sa cruauté ne lui est pas propre : le Tribulat Bonhommet de Villiers de L'Isle Adam, dans Claire Lenoir, égorge comme ça, pour le geste, un cygne, le symbole du poète.
Au Théâtre libre fondé en 1887, Antoine, avec ses décors réalistes, crée la notion moderne de mise en scène. Lugné-Poe, dans le clan adverse, celui des symbolistes, prône, pour favoriser le rêve, un jeu hiératique, un décor dépouillé : les deux démarches reviennent à dénoncer les conventions de la représentation, celles qui restent omni-présentes sur le boulevard, au. vaudeville ou dans le théâtre sérieux.
Dans une Pologne improbable, un capitaine, le. Père Ubu, poussé par sa femme, s'empare du pouvoir, l'exerce avec une cruauté stupide et avide et le perd après une guerre effroyable et dérisoire. L'action est menée avec une violence toute schématique.
Acte I
Bien que le Père Ubu soit content de ses titres , «capitaine de dragons, officier de confiance du roi Venceslas, décoré de l'ordre de l'Aigle Rouge de Pologne, et ancien roi d'Aragon», la Mère Ubu essaye de le convaincre de conspirer pour renverser le roi Venceslas, ce qui lui permettrait, entre autres avantages, de «manger fort souvent de l'andouille» et de se «procurer un parapluie». Invitant à sa table le capitaine Bordure («Eh bien, capitaine, avez-vous bien dîné? - Fort bien, monsieur, sauf la merdre. - Eh! La merdre n'était pas mauvaise.») il le rallie à sa cause en lui promettant de le faire duc de Lituanie. Appelé par le roi, il croit être découvert («Oh! J'ai une idée : je dirai que c'est la Mère Ubu et Bordure...») mais en fait Venceslas le nomme comte de Sandomir en récompense de ses nombreux services, ce qui d'ailleurs ne change rien à ses projets. Le plan d'action est arrêté et chacun jure «de bien tuer le roi».Acte II
Venceslas fait fi des avertissements de sa famille et accompagne le Père Ubu à une revue où Bordure et ses partisans l'assassinent. Si deux fils du roi, Boleslas et Ladislas, sont tués par les putschistes, le dernier, Bougrelas, s'enfuit avec la reine qui meurt peu après. Encouragé par le spectre de ses ancêtres (allusion à Hamlet!), Bougrelas jure de se venger. De son côté, le Père Ubu, après s'être fait prier, accorde ses largesses au peuple («Ça ne m'amusait guère de vous donner de l'argent, mais vous savez, c'est la Mère Ubu qui a voulu. Au moins, promettez-moi de bien payer les impôts.») et s'en fait acclamer.Acte III
Négligeant les conseils de prudence de la Mère Ubu, le Père Ubu décide de ne pas nommer le capitaine Bordure duc de Lituanie. Après quoi, il se lance dans une vaste politique de réformes qui consiste à massacrer («Ceux qui seront condamnés à mort, je les passerai dans la trappe, ils tomberont dans les sous-sols du Pince-Porc et de la Chambre-à-Sous, où on les décervèlera») tous les nobles (dont les biens sont confisqués), tous les magistrats (qui ne seront plus payés mais vivront des amendes et des biens des condamnés à mort) puis tous les financiers qui refusent la fiscalité nouvelle («D'abord je veux garder pour moi la moitié des impôts», lesquels sont bouleversés : «Messieurs, nous établirons un impôt de 10% sur la propriété, un autre sur le commerce et l'industrie et un troisième sur les mariages et un quatrième sur les décès, de 15 Francs chacun»; bien que le Père Ubu soit habituellement présenté comme une caricature de la bourgeoisie, on doit reconnaître que ce programme -un impôt sur le capital, la TVA et des droits de succession- est typiquement socialiste). Le Père Ubu rassure la Mère Ubu effrayée par cette hécatombe qui désorganise l'État : «Ne crains rien, ma douce enfant, j'irai moi-même de village en village recueillir les impôts.» Il a d'ailleurs un programme politique très précis : «Avec ce système, j'aurai vite fait fortune, alors je tuerai tout le monde et je m'en irai.» Effectivement, escorté des «Grippe-Sous» et de «salopins de finance» traînant le «voiturin à phynances», le Père Ubu va en personne rançonner les paysans (dont le chef s'appelle Stanislas Leczinski) et massacrer ceux qui résistent. La révolte éclate aussitôt. Puis il fait jeter en prison le capitaine Bordure qui s'évade et court à Moscou proposer au czar Alexis d'envahir la Pologne et rétablir Bougrelas. Quand la nouvelle arrive à Varsovie, la Mère Ubu et tous les conseillers obligent le Père Ubu à partir en guerre, monté sur son «cheval à phynances». La Mère Ubu reçoit la régence.Acte IV
La Mère Ubu essaye de s'emparer du trésor des rois de Pologne mais est chassée par une révolte menée par Bougrelas. Pendant ce temps, le Père Ubu s'est enfoncé en Ukraine avec l'armée polonaise. Il apprend la révolte de Varsovie et les Russes arrivent. Le Père Ubu livre une bataille aussi burlesque qu'épique où il est battu à plates coutures. Réfugié dans une caverne de Lituanie avec deux de ses derniers palotins, il doit la disputer à un ours. Son comportement indigne conduit ses compagnons à l'abandonner pendant son sommeil.Acte V
La Mère Ubu arrive dans la caverne pendant le sommeil (agité) du Père Ubu [le changement d'acte sans changement de lieu et en parfaite continuité de l'action est assez curieux] et essaye de se faire passer pour une apparition pour qu'il lui pardonne ses voleries, mais en vain. Le jour se lève, révélant la supercherie et provoquant une scène de ménage qui n'est interrompue que par l'arrivée de Bougrelas. Père et Mère Ubu, faisant front commun, se défendent avec acharnement et sont sauvés par le retour inattendu des deux palotins d'Ubu avec des renforts. Traversant la Livonie, Père et Mère Ubu embarquent pour la France où le Père Ubu envisage de se faire «nommer Maître des Finances à Paris.»
Jean III Sobieski nait le 17 août 1629, à Olesko (Ruthénie, Ukraine actuelle ). En 1674, il devient roi de l’Union de Pologne-Lituanie. Ce héros national vainquit les Turcs, qui le surnommèrent le Lion de Lechia, et délivra Vienne assiégée par Kara-Mustapha le 12 septembre 1683. Il meurt le 17 juin 1696, en Pologne. Il est enterré à Cracovie.
Titres
* (en Latin): Joannes III, Dei Gratia rex Poloniae, magnus dux Lithuaniae, Russie, Prussiae, Masoviae, Samogitiae, Livoniae, Smolenscie, Kijoviae, Volhyniae, Podlachiae, Severiae, Czernichoviaeque, etc.
* Jean III, par la grâce de Dieu, roi de Pologne, Grand Duc de Lituanie, de Ruthénie, Prusse, Mazovie, Samogitie, Livonie, Smolensk, Kiev, Volhynie, Podolie, Sevèrie et Tchernigov, etc.Biographie
Jean Sobieski est né le 17 août 1629 à Olesko (Ukraine actuelle) de Jakub Sobieski de Janina (1580-1646), voïvode de Ruthénie et Kasztelan de Cracovie et de Zofia Teofillia (née Dani?owicz), petite-fille du Hetman Stanislaw Zolkiewski. Après des études à l'Académie de Cracovie, il entreprend une carrière militaire et s'illustre dans les guerres contre l'Empire ottoman, les Tatars, les Moscovites, les Cosaques, et les Suédois. Après quoi il voyage en Europe. Attiré par la France, il épouse une Française : Marie-Casimire (Marysienka), veuve de Jean Sobiepan Zamoyski voïvode de Kiev, et suivante de la reine Marie Louise de Gonzague-Nevers (Maria Ludwika).
En 1668, le roi Jean II Casimir le nomme Grand Hetman (commandant en chef des armées polonaises). À la mort de Jean II, Michael Korybut Wisniowiecki est élu roi de Pologne. Jean Sobieski, se range du côté de l'opposition, ce qui lui vaut une semi-disgrâce, bien vite oubliée par ses nombreux succès contre les Turcs notamment à la bataille de Khotin (1673), et la mort du roi. Jean Sobieski est à son tour élu roi, quasi-unanimement, par la szlachta, le 21 mai 1674, et couronné le 2 février 1676.
Une des ambitions de Jean III est de rassembler l'Europe chrétienne dans une croisade contre l'Empire ottoman et chasser les Turcs de l'Europe. Il s'allie au Saint Empire et rejoint la ligue catholique du Pape Innocent XI.
Selon l'historien polonais Oscar Halecki, Jean III projetait d'occuper la Prusse avec l'aide des Suédois et la complicité de la France. Mais cette entreprise est vite condamnée à l'échec, en raison de l'opposition des magnats (noblesse polonaise) et de la guerre contre la Turquie qui l'oblige à s'allier aux Habsbourg. En 1676, il remporte la victoire de Zurawno contre les Turcs.
Son plus grand succès survient le 12 septembre 1683 à la bataille de Vienne, avec les troupes polonaises, autrichiennes et allemandes rassemblées contre l'armée turque commandée par Kara Mustafa. Le Pape et les dignitaires étrangers le surnomment "Sauveur de Vienne et de la civilisation européenne de l'Est".
Dans une lettre à son épouse, il écrit : "…Tout le petit peuple me baisait les mains, les pieds, les vêtements ; d’autres se contentaient de me toucher en disant : Ah, laissez-nous baiser une main si courageuse !". La fête du Saint Nom de Marie fut instituée en la mémoire de cette victoire.
Sobieski avait prévu d'attaquer le 13 septembre, mais il se rendit compte que les Turcs étaient en ordre de bataille dès le 12. À quatre heures du matin, les troupes de Sobieski fortes d'environ 81 000 hommes attaquent une armée turque d'environ 130 000 hommes. Sobieski charge avec ses hussards et enfonce les lignes ennemies qui détallent dans la plus grande confusion. À cinq heures trente, la bataille de Vienne est terminée.
Jean III Sobieski, surnommé par les Turcs Le Lion de Lechia (en turc : Pologne), fut certainement le plus grand roi de Pologne. Il meurt à Wilanów, à Varsovie, le 17 juin 1696. Son épouse, Marie Casimire, mourut à Blois (en France) en 1716. Sa dépouille fut ramenée en Pologne pour être enterrée près du roi au Château de Wawel à Cracovie.
Auguste II électeur de Saxe, succéda à Jean III. À la mort de celui-ci 1733, une lutte pour la couronne s'ensuit, désignée comme la guerre de Succession de Pologne.Mariage et descendance
Jean III se marie le 5 juillet 1665 avec Marie Casimire Louise de la Grange d'Arquien (1641-1716), veuve de Jean Sobiepan Zamoyski. Ils eurent 5 enfants :
1. Jacques Louis Henri Sobieski, (1667-1736) – Prince de la couronne
2. Teresa Kunegunde, (1676-1730) - Épouse en 1695, Maximilien II Emmanuel, électeur de Bavière
3. Aleksander Benedykt, (1677-1713)
4. Konstanty Wladyslaw, (1680-1720)
5. Jean, (1682-1685)Jean III Sobieski de Pologne
Ubu, le personnage
Jarry s'est inspiré de son professeur de physique de lycée, monsieur Hébert, qui était pour les élèves l'incarnation même du grotesque. On le surnommait « le père Hébert », et plusieurs des farces écrites par les lycéens relataient les aventures de P.H., diminutif gentillet comparé aux déclinaisons que l'on faisait de son nom : Ebé, Eb, Ebon, Ebance, Ebouille, etc.
Les étudiants caricaturaient sa silhouette, l'affublaient d'un sac suspect, s'enchantaient de son goût pour les andouilles, sans oublier, dans leurs sarcasmes, la femme de leur victime, "la mère H.".
Le nom provient d'une contraction du nom d'Hébert : Ébé, qui est originaire, et par rime intérieure sur le mot « cul » dans le refrain de la Chanson du décervelage (voir p. 215) mis dans la bouche des Palotins. Hébert est le légendaire professeur de physique du lycée de Rennes. Jarry a pris ce nom et cette fonction au mot mais il a forcé. Cependant, l'origine n'explique pas tout : Ubu, qui porte le symbole d'un ombilic infini sur le ventre, échappe à la quête identitaire.
On reconnait au personnage de nobles ancêtres, dans la galerie des figures de pleutres et de grotesques, entre le Matamore de Comeüle et le Sganarelle de Molière. On lui trouve des descendants : l'effrayant Caligula de Camus ou le sinistre Arturo Ui de Brecht. La pièce elle-même a inauguré le théâtre dit «de l'absurde», celui d'Ionesco, d'Arrabal. La notion de « Théâtre mirlitonesque», l'importance qu'attachait Jarry au jeu des pantins ont trouvé une abondante postérité dans toutes sortes de spectacles accordés au destin tragi-comique de ce fantoche qu'est l'homme moderne.
Alain, dans des I-'ropos publiés en 1939 mais qui datent de 1921, avait déjà situé la pièce du côté de la littérature populaire : « Ubu est vivant à la manière des contes. On peut essayer de les comprendre, mais il faut d'abord les accepter. » L2 référence aux géants grotesques de Rabelais s'impose. La «gidouille», dont Jarry affirme gravement qu'elle est une des trois âmes de Platon, c'est le ventre' ce (i messer Gaster » dont Rabelais a déjà écrit l'hymne. La pièce donne donc un exemple parfait de cette littérature de carnaval que Bakhtine analyse dans son François Rabelais et, la culture populaire au Moyen Âge : c'est le mélange de terreur et de dérision qui subvertit la culture savante à coups d'images proliférantes, venues de la culture populaire : andouilles, cornes, ventres proéminents, corps dépecés, etc. Et la création verbale, élément essentiel de cet univers délirant, rattache Jarry à la longue tradition qui depuis Aristophane et Rabelais, mène à Laforgue ou à Michaux, Queneau ou Boris Vian.
Mais Jarry est resté le maître de ce que Michel Arrivé appelle des (~ exercices de structurations et déstructurations des systèmes sémiotiques ».
Et si l'on ne sait pas toujours où nous mène cette bousculade de sens, il reste qu'elle nous entraîne dans une allégresse na*ive. Nous rions, sans savoir si c'est du Père Ubu ou avec lui, dès qu'il pousse son premier « Merdre ! ». On l'avait déjà dit, il y a bien longtemps : « Si vraiment Les efforts accumulés par l'humanité en des siècles de douleur et de sang, aboutissent à ce mot du père Ubu, le comique de cet étrange univers dépasse tout ce que l'on peut imaginer » (Gabriel Brunet, dans Le Mercure de France, 1- février 1933).